Cameroun : alerter avant que les eaux montent
En 2024, les inondations ont frappé l'Extrême-Nord du Cameroun avec une violence inédite depuis vingt ans : 459 000 personnes ont été affectées, 135 000 ont été déplacées. Des villages entiers sont restés coupés du monde pendant des jours, sans information et sans lien avec les équipes humanitaires.
La question qui a suivi n'était pas seulement comment répondre après la catastrophe mais était plutôt : comment faire en sorte que les communautés soient prêtes avant que les eaux montent ?
C'est le sens du déploiement du SOLIS bot que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL lance dans la région, dans le cadre d'un projet de réduction des risques de catastrophe, avec l'ONG locale Tammoundé (btw c'est aussi un consortium avec PUI en lead). Les résultats restent à venir, mais le pari est déjà en partie gagné : le pilote est déjà en place, six semaines avant la saison des pluies :
- un centre d'information « Prévention inondations » co-construit en atelier avec les communautés : checklist de préparation, itinéraires d'évacuation, contacts d'urgence, en français et en mafa et arabe choua, avec notes vocales enregistrées par l'équipe locale,
- des modèles d'alerte pré-approuvés par WhatsApp dès le mois d'avril, en pleine urgence, les 48 heures que prend la validation seraient trop longues,
- un réseau de points focaux communautaires : plus de 2 000 membres enregistrés, dont des relais de confiance identifiés dans chaque village, équipés d'un formulaire de signalement en cinq questions,
- un système d'alerte précoce qui notifie l'équipe dès que les consultations augmentent rapidement ou que plusieurs relais signalent une montée des eaux, avec validation humaine systématique avant toute diffusion.
Le pari est simple : un numéro que les communautés connaissent et utilisent avant la crise sera d'autant plus efficace pendant. Dans les zones où l'accès à certains villages est limité pendant la saison des pluies, ce lien numérique permet de maintenir le contact avec les communautés lorsque les déplacements deviennent plus difficiles.