Étude de cas

LRI : automatiser l'appui aux communautés rurales, jusqu'aux zones les plus isolées

Restaurer les forêts et accompagner l'agriculture au Liban suppose une chose que la technologie ne fabrique pas : la confiance. La Lebanon Reforestation Initiative travaille avec des communautés rurales dispersées, souvent en zones difficiles d'accès, et son efficacité repose sur un dialogue constant avec des milliers d'agriculteurs. Sept projets menés en parallèle, une équipe volontairement resserrée, des interlocuteurs éparpillés sur tout le territoire : l'organisation avait besoin d'un canal qui la relie à ses bénéficiaires sans alourdir sa structure.

Quand chaque formation commençait par 250 appels

Au fil de sa croissance, LRI a vu ses méthodes traditionnelles tester les limites de ses équipes. Organiser une session de formation agricole imposait le même rituel : un agent devait appeler chaque agriculteur, environ 250 personnes à chaque fois, pour transmettre l'information, recueillir les inscriptions et confirmer les présences. Des journées entières absorbées par une tâche répétitive, au détriment du travail de fond.

L'accessibilité posait un second problème. Les canaux classiques ne tenaient pas compte des personnes ayant des difficultés de lecture. Et si LRI disposait bien d'un mécanisme de plaintes par hotline et par courriel, ces options n'étaient généralement présentées qu'en formation, en présentiel, ce qui limitait leur usage pour des communautés éloignées et pour les besoins qui surgissent entre deux rencontres. Il fallait un point de contact numérique, permanent, qui démocratise l'accès au signalement et simplifie la distribution de ressources.

Diffuser au lieu d'appeler

En intégrant le SOLIS bot à ses flux de travail quotidiens, LRI a transformé sa manière de communiquer. Plutôt que de composer des centaines de numéros, les équipes envoient désormais des invitations et des notifications d'événements par diffusion. Pour garantir la clarté, ces messages combinent un texte simple et des images, et les bénéficiaires s'inscrivent immédiatement via un formulaire automatisé, ce qui réduit d'autant la charge administrative.

Envoyer une diffusion plutôt que 250 appels individuels représente 12 à 21 heures de travail gagnées par événement, soit une journée et demie à deux journées et demie d'agent terrain récupérées à chaque formation ou distribution.

Un canal, plusieurs usages

Loin de se limiter aux invitations, LRI a fait du bot un véritable hub d'information. L'organisation s'en sert pour :

  • partager les résultats d'analyses de sol directement avec les agriculteurs concernés, jusque dans les zones difficiles d'accès,
  • diffuser l'information d'urgence et les messages clés via un centre d'information dédié, activé pendant les crises,
  • livrer des supports de formation, cartes PDF et documents de référence, directement sur les téléphones,
  • recueillir le consentement des participants dès la phase de lancement d'un projet.

Pour ne laisser personne de côté, LRI mobilise la fonction vocale au bénéfice des personnes qui lisent difficilement, et a intégré un tutoriel vidéo à l'arborescence pour guider les nouveaux venus. En interne, le même bot sert de répertoire de terrain : liens, documents administratifs et consignes, rangés dans un seul fil accessible partout, plutôt qu'éparpillés dans les notes des téléphones.

Les chiffres

Depuis son lancement, entre mars 2025 et mai 2026, le déploiement de LRI a enregistré 5 180 utilisateurs uniques et traité 12 199 interactions, dont 6 829 messages d'information, 5 138 diffusions et 232 enquêtes. Pour une équipe de vingt à quarante permanents qui pilotent sept projets simultanés, ces volumes représentent des milliers de contacts manuels supprimés, et autant de temps rendu à ce qui compte vraiment : le lien avec les communautés.

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